Quelles mesures la Belgique envisage-t-elle de prendre contre Israël?

Dans le mémorandum de 25 pages, Prévot rappelle d'abord à ses collègues nos obligations internationales. La Belgique a signé la convention du génocide à la fin des années 40. « Cela signifie que tous les moyens à notre disposition doivent être utilisés pour empêcher le génocide », souligne le ministre.

Certaines des mesures du mémorandum sont sur la table depuis un certain temps. Ceux-ci incluent, par exemple, une interdiction d'importation sur les produits et services des colonies dans les territoires occupés et une interdiction d'entrée pour deux ministres israéliens. Il semble déjà y avoir un consensus sur ce dernier. Prévot ajoute également un nom à la liste: celui du ministre de la Défense Israel Katz.

Belges dans des territoires occupés

Mais Prévot veut aller plus loin. La liste se compose de 10 mesures que la Belgique peut prendre individuellement.

La Belgique pourrait imposer des sanctions aux colons et aux organisations de colons, comme le font le Royaume-Uni et le Canada. Le gouvernement belge peut également prendre des mesures contre les Belges vivant dans des colonies illégales. Le gouvernement pourrait décider de ne plus offrir des services consulaires à quelque 800 Belges et refuser de leur accorder des visas de longue date.

Prévot propose également que le ministre de la Justice demande au bureau du procureur de poursuivre les Belges en Israël ou dans les territoires palestiniens occupés qui sont coupables de violations graves du droit humanitaire international et / ou des infractions terroristes.

Interdire les vols transportant des armes

Une partie du mémorandum concerne une nouvelle législation sur l'exportation et le transit des armes vers Israël. Prévot préconise le resserrement des règles existantes datant de 2009.

L'un des objectifs consiste à empêcher les avions transportant des armes en Israël de sur-même la Belgique. Des règles strictes sont déjà en place et la Belgique ne fournit pas d'armes directement à l'armée israélienne. Cependant, dans la pratique, cette législation n'est pas toujours respectée.

Par exemple, les munitions et les détonateurs ont été avionnés en Israël via l'aéroport de Liège en 2024. Et en juin, les organisations de paix ont déposé une plainte concernant l'exportation de pièces F-35 via le même aéroport. Cela fait actuellement l'objet d'une enquête. Avec le ministre de la Mobilie, Jean-Luc Cruck (Centrist francophone), qui est responsable de l'espace aérien, un décret royal est maintenant prêt à interdire tous les vols transportant des armes en Israël.

La Belgique pourrait également refuser systématiquement les vols militaires et officiels en provenance d'Israël contre la Belgique.

La Belgique peut également décider de mettre fin à sa dépendance militaire à l'égard d'Israël, écrit Prévot. En termes concrètes, cela signifie rompre les liens avec le secteur israélien de la défense «pour les équipements militaires, y compris les achats d'équipements, les pièces de rechange et les contrats de maintenance». Depuis le début de la guerre à Gaza, l'armée belge a acheté 100 autres tonnes de munitions d'une entreprise de défense israélienne.

Sur Collision Course avec PM Bart de Wever (Flamand Nationalist) sur la reconnaissance de la Palestine

Dans son mémorandum, Prévot exhorte fortement la reconnaissance rapide de la Palestine. Il s'agit d'une position opposée à celle exprimée hier par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA). «La reconnaissance est urgente aujourd'hui. Attendre le «bon moment» et que «toutes les conditions à remplir» pour une telle reconnaissance sont insuffisantes », écrit Prévot. De Wever – et les libéraux francophones de MR, un autre des 5 partenaires de la coalition – continuent de souligner que certaines conditions doivent d'abord être remplies avant que la reconnaissance puisse avoir lieu.

La France et le Royaume-Uni, entre autres, prévoient de reconnaître la Palestine le mois prochain. Prévot craint que si nous ne emboîtions pas le pas, cela aura des conséquences diplomatiques. « Il sera mal reçu et pourrait affaiblir notre position diplomatique et économique. »

Le mémo de Prévot est la base des discussions qui se déroulent entre les principaux ministres du gouvernement belge à 5 voies. Le cabinet intérieur s'est réuni mercredi. D'autres discussions sont prévues lundi.