Après de longues délibérations, le feu vert a été donné pour déployer des soldats pour garder les synagogues et les écoles juives. Cela se fera le plus tôt possible, affirment les ministres Quintin et Francken.
Plus tôt cette année, le ministre de l'Intérieur Quintin avait annoncé que du personnel militaire serait à nouveau déployé pour assurer la sécurité dans les rues de Bruxelles et d'Anvers. Lundi, la maire d'Anvers, Els van Doesburg (nationaliste flamande N-VA), a insisté en ce sens.
Montée en puissance après l’attaque de la synagogue de Liège
Initialement, la décision de déployer du personnel militaire pour des missions de sécurité a été motivée par la montée des tensions autour du conflit à Gaza. Mais aujourd'hui, après l'attaque de la semaine dernière contre une synagogue à Liège, dans l'est du pays, le déploiement a clairement pris de l'ampleur.
« Dans un contexte de montée de l'antisémitisme, l'attaque de la synagogue de Liège a démontré une fois de plus que la menace qui pèse sur la communauté juive de Belgique est bien réelle », a déclaré le ministre Quintin dans un communiqué.
«Soutien aux policiers»
« Assurer la sécurité de nos concitoyens est le devoir de l'État sous toutes ses formes, indépendamment de toute considération politique. Le déploiement de personnel militaire pour renforcer la sécurité autour des sites juifs apportera un soutien direct aux services de police », a déclaré Quintin.
« Ce déploiement signifie que nous renforçons les services de police et contribuons à la protection de la communauté juive en Belgique », a ajouté le ministre de la Défense Théo Francken.
Non discuté au Cabinet
La décision de déployer maintenant n'a pas été discutée au préalable au sein du cabinet, a répondu la ministre de la Justice Annelies Verlinden.
« Nous prenons note de la décision des ministres de l'Intérieur et de la Défense concernant le déploiement de militaires », déclare-t-elle.
Au sein du gouvernement de coalition fédéral, la question était liée à un autre accord : le CD&V, démocrate-chrétien flamand, n'était prêt à accepter le déploiement de militaires dans les rues que lorsqu'il y aurait également un consensus sur la manière de lutter contre la surpopulation carcérale, un problème urgent pour Verlinden.
Mais apparemment, ce sont les ministres Quintin et Francken qui ont pris l'initiative, car aucun accord n'a pu être trouvé au sein du gouvernement. « Le ministre Verlinden portera très prochainement ce point à l'attention du gouvernement », indique le cabinet du ministre.