La qualité de l’air à Bruxelles stagne : le report de la zone à faibles émissions est blâmé

Le BRAL a surveillé pendant deux ans la quantité de dioxyde d'azote (NO2) dans l'air à Bruxelles dans le cadre du projet Expair. Ce gaz est un bon indicateur de la pollution atmosphérique locale, notamment due à la circulation automobile.

Parmi les 24 points de mesure, la Guldenvlieslaan sur le petit ring du centre-ville, la Piersstraat à Oud-Molenbeek et la Porte flamande (Vlaamsepoort) obtiennent les pires résultats. Il s'agit soit d'artères particulièrement fréquentées, avec de nombreux freinages et démarrages, soit, dans le cas de la Piersstraat, d'une rue résidentielle étroite avec une circulation automobile importante. Sur ces trois points, Bruxelles dépasse la limite légale européenne de 40µg/m³.

Mais c'est la tendance générale qui préoccupe particulièrement le BRAL. Après une période d’amélioration constante, les chiffres stagnent. Entre juin 2024 et juin 2025, la moyenne de NO2 était de 33,2 µg/m³, ce qui est même légèrement supérieur à la moyenne précédente (32,4µ/m²).

Le mouvement urbain qualifie les résultats d'« inquiétants ». La norme européenne, que Bruxelles doit atteindre d'ici 2030, est de 20 µg/m². Aucun point de mesure n’a encore atteint cet objectif.

Une année perdue pour la qualité de l’air

La stagnation des chiffres n'est pas une coïncidence, mais le résultat du report du durcissement de la zone de basses émissions, estime le BRAL. « Les chiffres montrent que le report de la phase LEZ prévue en 2025 entraîne un année perdue pour améliorer la qualité de l'air à Bruxelles. L'efficacité de la LEZ dépend d'une feuille de route et d'un calendrier clairs, qui donnent aux citoyens les informations et le temps nécessaires pour adapter leur comportement », déclare Lauren de Crombrugghe dans une réponse au média bruxellois BRUZZ. « La récente incertitude politique ne le permet pas et ne fait que créer davantage de confusion. »

Les chiffres du projet CurieuzenAir ont montré une tendance positive au cours de la période précédant le report.

Une personne sur six souffre d’une maladie respiratoire

La stagnation de la qualité de l'air présente un risque pour la santé, souligne le BRAL, un avertissement que le pédiatre Daan Van Brusselen a également récemment lancé. « La pollution de l'air provoque des problèmes respiratoires et cardiovasculaires et a également des conséquences sur le bien-être mental et les troubles de l'attention. Un Bruxellois sur six souffre d’une maladie respiratoire. C'est pourquoi la politique doit continuer à se concentrer sur la santé.