Le procureur de Bruxelles déplore : « Je n'ai pas vu un euro supplémentaire »

Julien Moinil est le nouveau procureur de la République de Bruxelles depuis le 9 janvier 2025. Dans ce nouveau rôle, son objectif principal a été de mettre fin aux violences liées à la drogue dans la capitale belge et flamande. Cela a donné lieu à « l'effet Moinil » : deux fois plus de suspects ont été arrêtés à Bruxelles l'année dernière par rapport à 2024.

Interrogé par VRT News, il revient sur sa première année en tant que procureur de la République à Bruxelles. « Un défi fascinant et complexe », dit-il. « Ce n'est pas facile non plus sur le plan humain. » Les organisations criminelles ont remarqué sa dureté, ce qui a valu à Moinil d'être placé sous protection selon le niveau de menace le plus élevé.

Lorsqu'on lui demande s'il reçoit toujours des menaces, il préfère ne pas commenter. «Mais cela fait partie de mon travail. Je ne recevrai aucun compliment de la part des criminels.

Selon Moinil, d'autres magistrats sont également menacés. Il appelle les responsables politiques à prendre des mesures de sécurité supplémentaires. « Le gouvernement ne doit pas attendre pour nous protéger qu'un magistrat soit abattu. »

1 milliard d'euros de plus…

Ce n'est pas le seul appel du procureur au gouvernement fédéral. Alors que de nouvelles personnes sont arrêtées, si le système judiciaire ne parvient pas à poursuivre les poursuites, le travail de Moinil sera vain.

« Le gouvernement dit toujours qu'il veut la sécurité de ses citoyens, mais on ne nous en donne pas les ressources. J'ai lu que la ministre de la Justice Annelies Verlinden (démocrate-chrétienne flamande) avait reçu un milliard d'euros supplémentaire, mais nous n'avons pas encore vu un seul euro de cette somme.»

Est-il déçu par le gouvernement ? 'Oui. Je n'ai reçu aucune ressource supplémentaire depuis mon entrée en fonction. Je dois lutter contre la criminalité, mais la police judiciaire fédérale n'a pas les capacités suffisantes pour enquêter sur les organisations criminelles les plus importantes.

« J'ai identifié ces organisations, mais je ne peux lancer aucune enquête car je n'ai pas de policiers. Ce n'est pas normal. Et seuls les gangs de drogue en profitent. « Ils gagnent de plus en plus de pouvoir. Il manque certes 100 policiers à la Police Judiciaire Fédérale de Bruxelles.

Nécessaire : un système judiciaire adapté à ses objectifs

Moinil appelle donc le gouvernement à investir dans la justice. « Hier soir, il y a eu trois fusillades. Que suis-je censé faire avec les auteurs ? Les libérer parce que les prisons sont surpeuplées ? Que suis-je censé faire avec un jeune garçon qui a commis un vol avec violence ? Le libérer parce qu'il n'y a pas de place dans la maison d'arrêt pour jeunes ? C'est irresponsable. C'est aux politiques de fournir des moyens concrets.

Le ministère public de Bruxelles souhaite avant tout un plus grand sentiment de sécurité pour le grand public. « Chaque jour, nous voyons des victimes. Ils ne l'ont pas demandé, et pourtant ils sont touchés par les vols, les balles aux fenêtres et dans les chambres de leurs enfants.

« Nous devons répondre au nom du public. Ils méritent un système judiciaire qui fonctionne. Qui peut vivre avec des trafiquants de drogue dans sa rue ? Ce n'est tout simplement pas possible.