Le Syndicat des travailleuses du sexe condamne la fermeture nocturne des bordels et encouragera la prostitution illégale

Les bourgmestres de Schaerbeek, Martin de Brabant (MR libéral francophone), et Saint-Josse-ten-Noode, Emir Kir (Liste du Bourgmestre), ont décidé conjointement que les commerces du Brabant et du Quartier Nord à proximité de la Gare du Nord devaient fermer entre 1h et 6h du matin.

En verrouillant le quartier la nuit, les maires visent à améliorer la sécurité. Quelques cafés et magasins de nuit sont touchés, mais les travailleuses du sexe estiment que ce sont principalement les bordels de l'Aarschotstraat qui seront touchés. Il y a un niveau élevé de trafic et de consommation de drogue dans le quartier. Certaines entreprises serviraient également de façades au blanchiment d’argent pour le trafic de drogue.

« Cette décision encouragera la prostitution illégale »

Le Syndicat belge des travailleuses du sexe critique la décision des bourgmestres. « Ce plan ne tient absolument pas compte de la réalité à laquelle sont confrontées les travailleuses du sexe à Bruxelles », déclare Daan Bauwens, responsable politique d'Utsopi. « Nous soulignons nous aussi que la situation sécuritaire dans le quartier est désastreuse, mais nous ne voyons pas en quoi cette décision est censée améliorer la sécurité, que ce soit pour les personnes dans la rue ou pour les travailleuses du sexe. »

Selon Bauwens, les travailleuses du sexe seront contraintes de se tourner vers la prostitution illégale. « Ils vont soudainement perdre leur emploi, ce qui encouragera davantage de prostitution illégale, car les travailleuses du sexe ne cesseront pas de travailler pendant les heures de fermeture de l'établissement. Cela augmente le risque de violence et d'exploitation. »

Utsopi est également mécontent que les maires aient élaboré ce plan sans impliquer le syndicat ou les travailleuses du sexe elles-mêmes dans leur décision. « Nous trouvons cela très regrettable. Nous aurions pu proposer des solutions pour améliorer le plan. Cela n'a pas été réfléchi. »

Reste à approuver par les conseils municipaux

Une période d'essai est prévue pour le nouveau plan de sécurité qui n'entrera pleinement en vigueur qu'une fois approuvé par les conseils municipaux. « Nous espérons qu’il ne s’agira pas d’une solution temporaire qui deviendra ensuite permanente ! »

Bauwens espère également que Bruxelles et ses communes suivront l'exemple de la manière dont le travail du sexe est géré dans des villes comme Gand et Anvers. « Ces villes prouvent qu'il est possible d'intégrer le travail du sexe en toute sécurité en ville. Il est incompréhensible que la Région de Bruxelles-Capitale soit si en retard dans ce domaine. »