Le timing et la fréquence sont également frappants. Le nombre d'incidents augmente rapidement, précisément au moment où la Belgique est sous le feu des projecteurs en raison des discussions autour d'Euroclear et des échanges houleux entre Theo Francken et Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe.
Même si l’on ne sait pas encore exactement quel type de drones sont impliqués (il n’y a pas d’images claires), les enquêteurs disposent de quelques pistes concrètes, selon des sources sécuritaires. La Belgique n’est donc pas complètement dans le flou.
Il est frappant de constater que le Danemark a connu des attaques de drones similaires le mois dernier. Là, il est apparu que les appareils avaient été lancés depuis un navire faisant partie de la « flotte fantôme » russe. En théorie, les drones peuvent être contrôlés à une distance de 150 à 200 kilomètres, ce qui signifie que les opérateurs ne sont pas nécessairement situés sur le territoire belge. La Belgique travaille avec ses voisins pour retrouver les coupables, a déclaré le ministre de la Défense Theo Francken (nationaliste flamand N-VA) devant la commission de la défense de la Chambre des représentants.
« Ce n'est pas l'œuvre d'amateurs »
Suite aux récents incidents de drones, le ministre Francken n'a laissé aucun doute : « Ce n'est pas l'œuvre d'amateurs », a-t-il déclaré. Selon Francken, tout plaide en faveur d'une action bien coordonnée impliquant des ressources et des expertises professionnelles.
Le ministre n'exclut pas la possibilité de nouveaux vols de drones. « Cela pourrait se reproduire ce soir », a-t-il admis. « Nous le savons et nous verrons ce que nous pouvons faire. » Son message semble à la fois préoccupé et déterminé : la menace est réelle, mais les moyens pour la contrer restent limités.
Francken prône donc un renforcement du NASC, le centre d'information qui surveille l'espace aérien belge. Selon lui, ce centre devrait devenir un véritable hub de coordination, comparable au MIK (Maritime Information Hub), qui surveille le transport maritime depuis des années.
« Nous avons besoin d'un système solide et intégré capable de détecter et de suivre immédiatement les mouvements aériens », a déclaré le ministre.
Les incidents répétés alimentent les appels à des réglementations plus strictes. Une proposition du ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Quintin, visant à rendre obligatoire l'enregistrement des drones, prend de l'ampleur. Le principe est simple : tout comme les avions doivent être immatriculés, les drones non immatriculés pourraient automatiquement être considérés comme une menace. Cela permettrait aux services de sécurité de réagir plus rapidement et de manière plus décisive.
Plus de drones que d'habitude ?
En 2024, quelque 30.000 incidents de drones ont été enregistrés en Belgique, mais seulement deux fois un avion a dû changer de piste. Cette année, la situation est nettement plus grave. En quelques jours seulement, quatre aéroports civils ont dû fermer temporairement : Brussels Airport et Liège mardi soir, Ostende vendredi et Deurne samedi.
La décision de fermer un aéroport dépend de la localisation des drones. Dès qu’ils sont repérés sur ou à proximité d’une route d’approche, le risque est trop grand pour poursuivre le trafic aérien. Même un seul drone peut fermer tout l’espace aérien.