Prévot : « Parler de normalisation des relations avec la Russie est un signe de faiblesse »

Le Premier ministre Bart De Wever (nationaliste flamand N-VA) a fait sensation samedi en appelant à des négociations entre l'Union européenne et la Russie pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

Dans le journal L'Echo, De Wever a également plaidé en faveur d'une normalisation des relations avec la Russie. « De cette façon, nous retrouverons l’accès à une énergie bon marché. C'est du bon sens. Le Premier ministre a fait enregistrer ces propos textuellement dans le journal.

Ses propos avaient déjà fait sourciller quelques-uns, mais désormais une opposition émerge également au sein de son propre gouvernement fédéral, exprimée par le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot.

« Le Premier ministre a parlé d'une normalisation des relations avec la Russie. Je comprends l'intention : personne ne veut d'une guerre sans fin. C'est ainsi que le ministre entame une réponse écrite détaillée à VRT NEWS.

Mais pour lui, il ne peut être question de normalisation tant que la Russie ne cède pas d’un pouce et tant que l’Union européenne n’est pas autorisée à se joindre aux négociations pour mettre fin à la guerre en Ukraine.

En tant que chef de la diplomatie belge, Prévot estime en effet que le dialogue avec la Russie est nécessaire, car le dialogue est au cœur de la diplomatie. Mais « parler ne signifie pas céder ; au contraire», ajoute-t-il. Et le dialogue n’est pas la même chose que la normalisation, affirme Prévot.

« La porte du dialogue doit rester ouverte, mais la normalisation des relations avec la Russie n'est pas à l'ordre du jour pour demain », conclut le ministre des Affaires étrangères dans sa remarquable réponse. La réponse de Prévot a été coordonnée avec De Wever, a confirmé le porte-parole du Premier ministre.