Des puces électroniques pour les prisonniers condamnés à des peines allant jusqu'à 18 mois alors que le gouvernement belge s'attaque à la surpopulation carcérale

Le Premier ministre fédéral Bart De Wever (nationaliste flamand N-VA), le ministre Verlinden (CD&V) et le vice-Premier ministre David Clarinval (MR libéral francophone) sont parvenus hier à un accord pour lutter contre la surpopulation carcérale, autoriser les patrouilles militaires dans les rues de Belgique et introduire le nouveau Code pénal. Les ministres du gouvernement peinaient depuis un certain temps à trouver un accord sur toutes ces questions.

Selon le bureau de Mme Verlinden, il a été convenu que toute personne condamnée à des peines de prison allant jusqu'à 18 mois puisse se voir munie d'un badge électronique. La mesure s’applique aussi bien aux personnes déjà incarcérées qu’à celles qui n’ont pas encore commencé leur peine.

La mesure s’appliquera également aux condamnés qui attendent toujours leur peine. Le gouvernement précédent avait publié une directive stipulant que seules les personnes condamnées à plus de cinq ans de prison devaient être immédiatement envoyées en prison. Le ministre Verlinden a modifié cette mesure après son entrée en fonction.

Une deuxième mesure de l'accord est que toute personne condamnée à une peine comprise entre 18 mois et 10 ans de prison pourra être libérée un an et demi plus tôt, sous réserve de marquage électronique. Les personnes reconnues coupables d'infractions sexuelles, de terrorisme ou de trafic de drogue ne sont pas éligibles à la surveillance électronique.

Prolongation de la loi d'urgence

La législation d'urgence, introduite l'année dernière par le ministre Verlinden pour lutter contre la surpopulation, et qui devait expirer à la fin de cette année, est prolongée jusqu'à la fin de 2027. Cela signifie que l'emprisonnement pour des peines allant jusqu'à trois ans doit être un dernier recours.

Mais les conditions se durcissent. Pour les peines plus longues, de six mois ou plus, les directeurs de prison peuvent, avant la fin de la peine, conseiller au juge chargé de la détermination de la peine une libération anticipée, une réduction maximale de six mois pouvant être accordée. Alors qu'une telle réduction était auparavant possible pour des peines allant jusqu'à 10 ans, elle ne sera désormais possible que pour des peines allant jusqu'à trois ans.