James Ensor, Rik Wouters et Jules Schmalzigaug se connaissaient-ils ? « Ils avaient une très haute estime pour le travail de chacun. Ensor et Wouters étaient amis ; Schmalzigaug avait l'habitude de visiter l'atelier d'Ensor. » Schmalzigaug et Wouters ont tous deux fui vers les Pays-Bas pendant la Première Guerre mondiale, mais il est peu probable qu'ils se soient rencontrés. Pourtant : « Il y a un lien entre ces deux-là ; ils sont tellement semblables en termes de couleur qu’il suffit de les afficher côte à côte. »
Schmalzigaug : une explosion de couleurs
James Ensor est largement connu, certainement suite à l'Année James Ensor en 2024 qui a donné lieu à de nombreuses expositions. Les peintures intimes de Rik Wouters, y compris les nombreux aperçus de la vie de son épouse Nel, sont également très appréciées. Jules Schmalzigaug, en revanche, est resté longtemps inaperçu ; il est mort jeune. C'est un Anversois d'origine allemande qui a voyagé en Italie et y a créé des œuvres futuristes, de véritables explosions de couleurs.
« Schmalzigaug a été le premier peintre à l'huile abstrait belge. Pour moi, il est à égalité avec Wassily Kandinsky ou František Kupka », explique Adriaan Gonnissen. Le titre de l'exposition vient d'ailleurs d'une lettre de Schmalzigaug.
« Il voulait se faire un nom en Italie et a demandé à ses collègues s'ils étaient déjà allés à Anvers. 'Avez-vous vu les couleurs de Rubens ? Je ne connais aucun rouge qui chante comme ça. Nous devons ramener ce rouge dans la peinture moderne' », explique le conservateur Gonnissen. Schmalzigaug faisait référence au manteau rouge de Melchior dans « L'Adoration des Mages ». Il n'est donc pas étonnant que cette exposition présente également une œuvre de Sir Peter Paul Rubens : « La Sainte Famille au perroquet ».