1er Mai : le président du Vooruit socialiste flamand Conner Rousseau réclame un impôt sur les millionnaires

Le 1er mai est la fête du Travail. Les partis politiques et les syndicats célèbrent leur lutte historique pour les droits des travailleurs.

Le gouvernement à 5 du Premier ministre De Wever, dont le parti socialiste flamand Vooruit est le seul parti de gauche, doit combler un déficit budgétaire de 5 milliards d'euros. Au sein de la coalition, un débat houleux fait rage sur la provenance exacte de ces fonds. Cette tension était également le thème central du discours de Conner Rousseau à ses partisans.

L'impôt des millionnaires est de retour

Le leader socialiste flamand a réitéré son appel bien connu à « demander une contribution à un petit groupe restreint » des plus riches de Belgique. Selon lui, un impôt sur les millionnaires est nécessaire pour remettre le budget sur les rails.

« Nous vivons des temps difficiles », a-t-il déclaré à VRT NEWS. « Et cela signifie qu'il faut faire des choix difficiles. Quiconque veut sauver l'avenir devra faire des sacrifices. Mais cela ne fonctionnera que si chacun fait sa part. »

Un avis qui n’est certainement pas partagé par l’ensemble du gouvernement. Georges-Louis Bouchez, ancien président libéral francophone, avait qualifié l'impôt des millionnaires de « monstruosité ».

Mais Rousseau reste fidèle à sa ligne. Il souligne que toutes les options doivent être sur la table. « Pour remettre le pays sur les rails, il faut oser parler de tout. Il faudra des économies, il faudra des réformes, mais il faudra aussi des recettes. »

« Si vous dites que cela ne devrait pas venir des super-riches, alors vous dites que cela doit venir des travailleurs ordinaires. Et nous ne le faisons pas. Ce sont des calculs simples. Vous ne pouvez demander aux gens de faire des sacrifices que s'ils savent que vous demandez aussi quelque chose aux riches, qui n'en ressentiront pas réellement les conséquences. »

Il conclut par une promesse claire à ses partisans. « Nous ne sommes pas le plus grand parti du gouvernement. Je ne suis pas le Premier ministre. Mais je promets que je me battrai. »

« Le courage politique manque »

Le même message est repris par le syndicat socialiste ABVV. Comme Rousseau, le président de l'ABVV, Bert Engelaar, a explicitement plaidé dans son discours en faveur d'une plus grande contribution des plus riches.

Selon le syndicaliste, la facture ne doit pas être à nouveau répercutée sur les malades, les retraités ou les personnes temporairement sans emploi.

Engelaar voit des économies potentielles d'environ 21 milliards d'euros dans une réforme de l'impôt sur le revenu, qui inclurait désormais les revenus du capital et de la propriété et supprimerait les exonérations spéciales. Il estime également que les subventions et les « allégements fiscaux » devraient être revus.

« Nous ne demandons pas l'envie. Nous demandons l'équité », dit-il. « Les solutions sont là. Ce qui manque, c'est le courage politique. »