Adornes a mené une vie aventureuse
Un Brugeois d'origine italienne qui entreprend des voyages audacieux au Levant pour finalement trouver sa fin en Écosse ? L'histoire de la vie d'Anselm Adornes se lit comme un roman d'aventures.
«Il appartenait manifestement à la haute société», explique Noël Geirnaert, ancien directeur des archives municipales de Bruges. « Il était impliqué dans l'administration et les finances de la ville, entretenait de bonnes relations avec le duc de Bourgogne et était à la tête d'une importante teinturerie textile.
Une famille d'affaires qui évolue dans le monde
La famille Adornes a prospéré dans le commerce international, le monde bancaire et l'élite commerciale très internationale de Bruges du XVe siècle, précise Jan Dumolyn, professeur d'histoire médiévale à l'Université de Gand.
« Il s'agit d'un exemple typique d'une famille de marchands anoblie à un moment donné en raison de la mobilité sociale. Cette chapelle de Jérusalem montre leur ambition de gravir l'échelle sociale et d'afficher un prestige social symbolique.
Anselme vivait comme un noble, un chevalier, avec tous les accompagnements. « Des tournois, des armoiries, un oratoire privé, un tombeau et la promesse dans son testament de donner de l'argent aux pauvres. C'était la vie d'un noble, le style de vie de quelqu'un de très haut rang », explique Dumolyn.
Contourner le boycott de la laine
Anselm Adornes a également effectué plusieurs voyages intéressants, qui sont détaillés dans l'exposition de Bruges. En Écosse, par exemple, et cela avait tout à voir avec ses affaires.
Il réussit à briser le boycott du commerce de la laine lorsque les Écossais se rangèrent du côté de la France dans sa lutte contre les ducs de Bourgogne et que l'exportation de laine vers l'industrie textile flamande, florissante, fut interdite. Le roi Jacques tenait à voir la fin du boycot de la laine, tout comme les habitants de Bruges, la ville natale d'Adornes. Plusieurs années plus tard, Anselme fut assassiné en Écosse par les opposants du roi.