Mariemont dans la province du Hainaut signifie littéralement « Marie-mont » ou « Mont Marie ». Ce nom n'est pas un hasard : la ville porte le nom de Marie de Hongrie (1505-1558), qui y fit construire autrefois un pavillon de chasse.
Le Musée Mariemont présente actuellement une passionnante exposition historique consacrée à Marie de Hongrie, «une de ces régentes qui ont façonné notre histoire et qui fut également une mécène importante de l'art de la Renaissance», explique Krista De Jonge, professeur émérite d'histoire de l'architecture à l'Université de Louvain. Et pourtant, son nom est bien moins connu que celui de ses contemporains masculins.
Qui était Marie de Hongrie ?
Nous sommes au 16ème siècle. Nos régions font partie de l'Empire des Habsbourg. Charles Quint, l'empereur Charles, est au pouvoir. Sa sœur est Marie de Hongrie. Elle grandit à Malines, sous la garde de sa tante Marguerite d'Autriche. Son mari, le roi de Hongrie, est tué dans la guerre contre l'Empire ottoman, la laissant veuve. « Sous ses habits de veuve, elle était une femme libre », raconte Krista De Jonge.
Marie de Hongrie est alors nommée gouverneur des Pays-Bas. Elle s'installe au palais du Coudenberg à Bruxelles, dont les vestiges se trouvent sous l'actuelle Koningsplein. Immédiatement, elle se fait construire une galerie spacieuse, « comme le ferait un dirigeant masculin ».
Marie joue un rôle crucial dans la succession au trône de son neveu. Le fils unique de l'empereur Charles, Philippe II, est un « prince qui a grandi en Espagne et que personne ici ne connaît ». Marie accompagne Charles et Philippe dans toutes sortes de joyeuses processions. Aujourd’hui, nous appellerions cela une campagne de promotion. Marie, Charles et Philippe : ces trois personnages sont au centre de l'exposition à Mariemont.
Huit jours de célébrations pour la joyeuse arrivée de Philippe II
« L'apothéose de ces joyeuses arrivées eut lieu en août 1549 à Mariemont et Binche », explique Krista De Jonge. Entre-temps, Marie avait quitté Bruxelles et fait construire un palais à Binche (province du Hainaut) et un pavillon de chasse à Mariemont. Pendant huit jours, elle dirigea des mascarades, des banquets et des bals, culminant en une simulation de bataille impliquant des centaines de figurants. Les Habsbourg étaient friands de spectacle.