Économie des petits boulots : les coursiers à vélo ne sont plus des « arnaqueurs secondaires », les entreprises ne peuvent plus profiter de l'échappatoire fiscale

Plus de 85 pour cent des coursiers à vélo en Belgique travaillent sous le statut P2P. Il s’agit d’un dispositif fiscal conçu en réalité pour les personnes ayant des emplois annexes ou secondaires. Plus précisément : les particuliers qui fournissent des services à d'autres particuliers en dehors de leur emploi principal. Ils proposent généralement ces services via une plateforme électronique reconnue.

Toute personne bénéficiant de ce statut est exonérée de cotisations de sécurité sociale pour les indépendants, à condition qu'ils ne gagnent pas plus de 7 890 € par an sur différentes plateformes. Limité impôt s’applique également aux sommes gagnées.

Jusqu’à présent, les entreprises de coursiers à vélo comme Uber Eats ou Deliveroo étaient couvertes par un rescrit fiscal qui permettait aux coursiers à vélo de bénéficier de ce statut P2P. Mais cela touche désormais à sa fin. Le ministre belge des Finances Jan Jambon (nationaliste flamand N-VA) a confirmé à la députée socialiste flamande Anja Vanrobaeys que ces rescrits fiscaux ne seraient pas prolongés et qu'aucune nouvelle demande n'avait été déposée.

Un vrai travail, pas un favori

Vanrobaeys est soulagé. « Cela signifie plus de coursiers à vélo mineurs ou de sans-papiers qui doivent prendre les routes sous-payés et sans protection pour livrer des repas. Fini les multinationales qui font des bénéfices aux dépens des coursiers à vélo en exploitant des niches fiscales. »

« Aujourd'hui, nous le disons clairement : personne dans ce pays ne doit être exploité, pas même les coursiers à vélo. C'est une avancée importante pour la protection de nos coursiers à vélo. »

Frank Moreels, président du syndicat socialiste BTB-ABVV, est également satisfait. « Cette décision confirme ce que BTB-ABVV dénonce depuis des années : la livraison de repas n'est pas une faveur, mais un véritable travail. Quiconque livre quotidiennement des repas dans des délais serrés crée de la valeur économique pour les grandes entreprises de plateforme et a droit à la même protection que tout autre travailleur. »

« Le fait que ces décisions soient abandonnées constitue un pas en avant significatif », conclut Vanrobaeys. « Mais je continuerai à me battre jusqu'à ce que les livreurs de nourriture bénéficient d'une protection sociale complète, comme tous les autres travailleurs. »

La suppression progressive des rescrits fiscaux est également une bonne nouvelle pour les finances publiques, puisque davantage d'impôts et de cotisations de sécurité sociale seront dus.