Élections locales : le nombre de conseillers du patrimoine étrangers en baisse

Lors du scrutin du 13 octobre, 15,5 pour cent des candidats des 13 plus grandes villes flamandes étaient d'origine étrangère. Ce chiffre est légèrement plus élevé qu’en 2018, où le pourcentage était de 14,3 pour cent. En particulier dans les petites villes, davantage de candidats issus de l'immigration se sont présentés par rapport à il y a six ans.

Toutefois, le chercheur Robin Devroe (UGent) estime que les chiffres commencent à stagner, notamment dans des villes comme Anvers et Gand. « Le nombre de candidats issus de l'immigration a augmenté pendant longtemps, mais nous constatons désormais que nous avons atteint une sorte de plateau. »

Comparé au nombre de citoyens issus de l’immigration, ce chiffre est également faible, estime Robin Devroe. Dans les 13 principales villes, 34,4 pour cent en moyenne des citoyens sont issus de l’immigration. « Nous constatons donc que les individus issus de l'immigration sont nettement sous-représentés par rapport à leur part dans la population. »

Moins de candidats issus de l'immigration élus

La sous-représentation devient encore plus prononcée si l’on considère le nombre de candidats élus. En moyenne, 11,7 pour cent des conseillers élus dans les grandes villes sont issus de l’immigration. Il s’agit d’une légère baisse par rapport à 2018, où environ 12,4 pour cent des candidats élus avaient un héritage étranger.

Le nombre de candidats élus issus de l’immigration a également diminué dans presque toutes les villes. Ce n'est qu'à Louvain, Saint-Nicolas, Hasselt et Bruges qu'un plus grand nombre de personnes issues de l'immigration ont été élues lors des dernières élections par rapport à il y a 6 ans.

« Il y avait davantage de candidats issus de l'immigration. Les gens ont certes le choix de voter pour des candidats issus de l'immigration, mais nous constatons qu'au final, moins de candidats sont élus.

« La population belge devient de plus en plus diversifiée, mais cette diversité ne se retrouve pas dans ces listes de candidats, et encore moins dans la composition des conseils municipaux des principales villes de Flandre. Ils sont majoritairement blancs et sans origine immigrée», conclut M. Devroe.

La fin de la fréquentation obligatoire, le coupable ?

Selon le Dr Devroe, il est difficile de donner une explication claire à ce déclin. « Nous pensons que le fait que les citoyens ne soient plus obligés de se rendre aux bureaux de vote pourrait être une des explications possibles ».

«Des recherches internationales nous montrent que certains groupes d'électeurs ne sont plus enclins à voter s'ils n'y sont pas obligés. Les électeurs issus de l'immigration constituent l'un des groupes les plus exposés au risque d'abandon scolaire.

Le Dr Devroe estime que moins de candidats issus de l'immigration figurent sur les listes et sont élus est également le résultat de partis formant des alliances locales et faisant campagne sur des listes communes. « S'il y a moins de listes, elles seront également moins diversifiées, et le choix sera ainsi encore plus limité. »

Des modèles de rôle importants pour la croyance en la politique

Ces résultats ne sont pas bons pour la croyance des gens dans la politique, estime le Dr Devroe. «Nous savons, grâce aux recherches, que la présence de personnes ayant un profil similaire à celui de la population dans son ensemble aide les citoyens à avoir davantage confiance dans la politique. Ces modèles jouent un rôle très important.

« Si nous constatons peu de succès dans l'intégration de la diversité, qui existe dans notre société, dans les partis politiques et les conseils municipaux, cela pourrait potentiellement avoir des conséquences pernicieuses sur la mesure dans laquelle les citoyens issus de l'immigration s'identifient au système politique », conclut le Dr Devroe. .