Fusillades à Bruxelles : le ministre de l'Intérieur, Quentin, dit que tout le monde doit prendre les devants

Hier soir, des individus non identifiés ont tiré à l'arme automatique au croisement de la Gustave Defnetstraat et de la Monténégrostraat. Personne n'a été blessé et l'agresseur a pris la fuite.

Après un été relativement calme, la violence armée reprend de plus belle dans la capitale. Bruxelles a connu pas moins de six fusillades ces derniers jours.

Jurgen De Landsheer, chef de la zone de police de Bruxelles Sud, considère ces incidents comme une réponse directe à l'intensification de la lutte contre la drogue. Le ministre belge de l'Intérieur, Bernard Quintin, est du même avis. « Les trafiquants de drogue profèrent des menaces parce que nous perturbons leurs opérations », explique le ministre.

« Ils nous préviennent, mais la police ne doit pas reculer. Nous devons continuer à mener ce combat avec détermination. Ce sera certainement un combat de longue haleine. »

Discussion sur les ressources et la main-d'œuvre

Les impacts de balles dans le commissariat d'Anderlecht récemment attaqué prouvent que la menace envers les policiers s'accroît. « Les agents savent que leur travail est dangereux », explique Quintin. « Mais il faut bien sûr leur donner les ressources appropriées et être protégés. »

Le ministre souligne qu'il fait tout ce qui est en son pouvoir pour que cela soit possible. « J'ai déjà déployé 77 policiers supplémentaires et j'étudie si ce nombre pourrait encore être augmenté. Il faut cependant savoir que les policiers ont besoin d'une expérience spécifique dans ce domaine. Nous ne pouvons pas simplement envoyer la première personne qui arrive. »

Le bourgmestre Spinette de Saint-Gilles exige quant à lui que la région bruxelloise puisse compter exactement sur le même niveau de soutien et de financement que la police d'Anvers. « Même si je viens de renforcer la Police judiciaire fédérale plus à Bruxelles qu'à Anvers ! Quintin a rétorqué à cette critique.

Responsabilité partagée

Le ministre Quintin souligne l'importance d'une meilleure coopération. Il souligne la responsabilité partagée. « Je fournis du personnel et des ressources supplémentaires, mais je ne décide pas de la manière dont ils seront déployés sur le terrain. »

A titre d'exemple, il cite son investissement d'un million d'euros dans de nouvelles caméras de vidéosurveillance autour de Bruxelles-Sud. « S'il faut ensuite deux ans pour installer ces caméras parce que ce n'est pas une priorité locale, je ne peux rien faire. »

Le chef de la police De Landsheer avait déjà souligné que la police ne pouvait pas gagner seule cette guerre contre la drogue. Quintin est d’accord et préconise une approche large et multidimensionnelle. « Je suis ministre de l'Ordre public et j'essaie d'obtenir des financements, mais la drogue est tout autant une question de santé publique. Alors, asseyons-nous tous ensemble et discutons-en », conclut-il.

Quintin est aujourd'hui en visite à la préfecture de police d'Anderlecht, l'une des communes bruxelloises en proie aux récentes violences.