La Belgique reconnue coupable d'avoir retiré des enfants métis à leurs mères dans le Congo colonial, une première européenne

L'État belge a ensuite été condamné à verser une indemnisation aux femmes, pour les souffrances qui leur ont été infligées en les arrachant à leur mère et à leur environnement. Mais aussi pour l’impact négatif sur leur identité.

L'État belge a interjeté appel de l'arrêt de la Cour d'appel auprès de la Cour de cassation vérifiant le respect d'une procédure légale. C'est ce pourvoi qui a été rejeté par la Cour de cassation. Cela rend la condamnation de l'État belge définitive et oblige ainsi l'État à verser des indemnités aux femmes.

Avocat : « Magnifique victoire »

C'est la première fois qu'un État européen est condamné à verser des indemnisations aux victimes de la colonisation. « C'est une victoire majeure pour la justice et pour le développement du droit européen », estime l'avocate Michèle Hirsch, commentant ce qu'elle a qualifié de « victoire magnifique » dans l'affaire Métisse.

L’avocate dit « tirer son chapeau à la justice belge ». Les cinq clients de Hirsch, aujourd'hui tous grands-mères et arrière-grands-mères, se battent depuis huit ans pour obtenir justice, « et ils l'ont finalement obtenu », déclare l'avocat.

Un modèle pour d’autres cas coloniaux

L'avocat espère qu'après cet arrêt, la Belgique pourra désormais servir de modèle dans d'autres affaires coloniales. Elle espère également que les travaux pourront commencer sur une législation concernant l'indemnisation des crimes coloniaux et pour toutes les personnes métisses, nées d'une mère noire et d'un père blanc, qui ont été enlevés à leur mère lors de la colonisation du Congo, du Rwanda ou du Burundi, deux territoires administrés par la Belgique sous mandats de la Société des Nations et de l'ONU.