Une manifestation à Bruxelles rend hommage aux victimes de la répression iranienne

Par leur action, Hengaw et Mala Kurd veulent inciter les gouvernements européens et belges à accroître la pression diplomatique sur Téhéran. Début janvier, une mobilisation à grande échelle contre le régime iranien a été brutalement réprimée. Les organisations de défense des droits de l'homme parlent de milliers de morts parmi les militants.

« On parle de dix mille, voire vingt mille victimes, mais il n'existe aucune confirmation officielle de ces chiffres », affirme Karim Sajjad, président de l'association à but non lucratif Mala Kurd. « Ce que nous avons, ce sont les noms et identités de 1 840 victimes. Nous avons pu identifier ces personnes en collaboration avec l'asbl Hengaw, à partir de photographies, de leur lieu de résidence, etc. Nous montrons aujourd'hui les photographies de 1 540 victimes. Nous ne pouvons pas montrer une photo de chaque victime, car certaines sont trop horribles. Nous voulons poursuivre ce travail et continuer à agir jusqu'à ce que nous ayons collecté les photographies de 2 500 victimes.

Augmentation de la pression diplomatique

Les organisations espèrent que leur action persuadera les gouvernements belge et européen d'accroître la pression diplomatique sur le régime iranien.

« Nous sommes heureux que les Gardiens de la révolution iraniens aient enfin été inscrits sur la liste terroriste européenne et que des sanctions aient été imposées à certains responsables du régime, mais la Belgique et l'UE doivent aller plus loin », poursuit Sajjad. « Comment est-il possible que la Belgique n'ait qu'une seule ambassade avec 15 employés en Iran, alors que l'Iran a ici cinq bâtiments avec plus de 160 employés qui ne sont pas surveillés ? » Comment est-il possible qu'un responsable du gouvernement iranien qui appelait à l'assassinat de manifestants ait pu se rendre en Belgique sans être dérangé et s'y déplacer librement ?