Pendant l'occupation nazie de la Belgique pendant la Seconde Guerre mondiale, des milliers d'œuvres d'art, notamment des peintures, des sculptures et des livres, ont été volées. Les victimes étaient souvent des Juifs persécutés par l’occupant nazi.
En Belgique, de nombreuses œuvres d'art se sont retrouvées entre les mains d'exploiteurs et de nazis, qui les ont vendues ou conservées chez elles. Aujourd’hui encore, les descendants des propriétaires d’origine tentent de reprendre possession des œuvres d’art.
Les pays voisins l’ont déjà fait !
Le gouvernement flamand souhaite désormais établir une procédure claire pour la restitution des œuvres d'art pillées par les nazis. À cette fin, la ministre flamande de la Culture, Caroline Gennez, met en place une commission chargée d'enquêter sur les réclamations et de faciliter la restitution.
« D'autres pays comme l'Allemagne, les Pays-Bas et la France ont depuis longtemps mis en place des politiques de restitution des œuvres d'art pillées par les nazis », explique Gennez. Aujourd’hui, la Flandre fait également ce pas. « C'est une question de justice, mais aussi de mémoire et de guérison collective. »
Enquête approfondie
Le comité aura deux tâches. Premièrement, elle conseillera le Gouvernement flamand sur les réclamations reçues concernant les objets de la Collection de la Communauté flamande. Deuxièmement, les autorités locales, les propriétaires privés et les héritiers peuvent également saisir la commission.
Pour chaque réclamation, une enquête sera menée sur la provenance de l'œuvre en question et toutes les parties concernées seront consultées afin de procéder à une évaluation précise. Il semble que ce n’était souvent pas le cas dans le passé.
Outre la commission, des efforts seront également déployés pour mener des enquêtes proactives en matière de restitution. La Flandre soutiendra les organisations souhaitant effectuer des contrôles et des recherches pour retracer l'art pillé par les nazis. « Lorsqu'il existe des indications d'œuvres d'art pillées, une recherche approfondie de provenance est nécessaire pour parvenir à des solutions justes », souligne Gennez.
Le gouvernement flamand enquête actuellement sur deux plaintes. Il s'agit de trois œuvres d'art de la collection du Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers, le KMSKA. Le musée dispose également d'une liste sur son site Internet montrant que la provenance de 21 œuvres n'est pas claire.
L’une des rares occasions où des œuvres d’art pillées ont été retirées des murs d’un musée s’est produite en 2022. À cette occasion, le Musée royal des Beaux-Arts de Bruxelles, le KMSKB, a restitué un tableau de Lovis Corinth à une famille juive, après des années de recherche.