La petite gravure de James Ensor s'intitule « Le meuble hanté ». Sur la face avant droite, on peut voir un jeune homme regardant un meuble ancien, derrière lequel surgit un squelette. Quelques masques typiques d'Ensor sont également présents.
Encore une blague macabre avec un squelette
C'est du Ensor vintage, cette scène obsédante, mais elle est bel et bien inspirée de la vraie vie. Un couple bruxellois, Ernest Rousseau et Mariëtte Hannon, étaient de bons amis de James Ensor. Ils l'ont même soutenu. Leur salon contenait des armoires anciennes comme celle de l'estampe d'Ensor. Et ils avaient un squelette dans la maison qui s'appelait même Aglaë. «En l'utilisant, ils ont fait des farces macabres», explique Carmen Willems, directrice du KMSKA. « Et c'est ce que représente Ensor : un squelette surgissant de derrière un meuble richement décoré.
« Le meuble hanté » date de 1888, période où Ensor était très occupé à produire des estampes. La trouvaille dans la friperie est très spéciale, mais l’imprimé lui-même n’est pas unique. D'autres musées, dont le Mu.ZEE d'Ostende, le MSK de Gand et la KBR, la Bibliothèque royale de Bruxelles, en possèdent également des exemplaires dans leurs collections.
Le titre « Le meuble hanté » revient régulièrement dans l'œuvre de James Ensor, explique Herwig Todts, expert du KSMKA. «Il y avait un tableau de ce nom qui a été détruit pendant la Première Guerre mondiale ainsi qu'un dessin qui est actuellement exposé dans l'exposition 'Ensor – Dans vos rêves les plus fous' au KMSKA.' Il y a la série de gravures qui comprend celle de l'atelier de recyclage.