Sinardet constate que De Wever joue un bon jeu et se présente véritablement comme le premier ministre belge. « Il existe encore une certaine méfiance dans une partie de la presse francophone. Les quotidiens La Libre et Le Soir ont consacré des pages d'analyse entières à la question de savoir si l'actuel « gouvernement à 5 de l'Arizona » et M. De Wever ne travaillent pas avant tout pour les intérêts flamands.'
Les conclusions se contredisent. « À La Libre, quotidien démocrate-chrétien, il y a peu d'inquiétudes, mais au quotidien bruxellois indépendant Le Soir, la rédaction appelle à une grande vigilance et voit de nombreuses querelles communautaires hanter le gouvernement. Ces craintes n’ont donc pas complètement disparu. Mais je pense que De Wever a gagné en popularité parce qu'il sait se présenter avec force sur la scène internationale.
Le budget reste un risque
Au total, sa première année au pouvoir semble avoir été une bonne année pour le Premier ministre. Alors, quels sont les risques futurs pour lui et son gouvernement ? « Les protestations sociales plus larges contre le gouvernement constituent principalement un problème pour les partis de gauche de la coalition. Certainement pour le socialiste flamand Vooruit, et dans une moindre mesure pour le démocrate-chrétien flamand CD&V et son allié centriste francophone Les Engagés. Je pense que les gens ont le sentiment que les réformes des retraites, qui n'ont pas encore été mises en œuvre, sont difficiles à supporter pour beaucoup de gens.
Selon Sinardet, il s'agit de la réforme socio-économique la moins populaire mise en œuvre par ce gouvernement. « Cela affecte beaucoup de gens qui ont travaillé dur. »
Et puis il y a le budget. « Cela a toujours été l'une des promesses les plus importantes de De Wever : que le budget soit solide. D’ici la fin de son mandat, il souhaite un déficit ne dépassant pas 3 pour cent du PIB, mais nous en sommes encore loin.»
«Il faudra donc probablement encore trouver des fonds supplémentaires cette année aussi. De Wever parle déjà de 3 à 4 milliards d'euros. Cela créera une nouvelle fois les mêmes tensions au sein du gouvernement, qui a failli s'effondrer à cause du budget à la fin de l'année dernière. Maintenant, cette même vieille histoire menace de recommencer.