Lundi, le ministre suédois de la Défense, Pal Jonson, a déclaré que l'Ukraine « avait besoin de moyens financiers » pour pouvoir poursuivre les combats. De son côté, le ministre néerlandais de la Défense, Ruben Brekelmans, a souligné que l'utilisation de ces moyens montrerait à la Russie qu'elle ne peut pas survivre au soutien européen. L'Allemagne soutient également le projet et affirme que l'Ukraine doit être en mesure d'étendre sa défense aérienne et de se procurer davantage de munitions.
La majeure partie des quelque 185 milliards d'euros de fonds russes gelés dans l'UE est détenue par Euroclear à Bruxelles. Cependant, le gouvernement belge s'oppose actuellement à ce que les fonds russes gelés soient utilisés pour soutenir l'effort de guerre ukrainien. Le Premier ministre fédéral Bart De Wever (nationaliste flamand) estime que l'exploitation des actifs pourrait nuire aux pourparlers de paix. Entre-temps, le PDG d'Euroclear a même menacé de poursuivre l'UE en justice.
En Belgique, l'inquiétude s'est encore accrue après que la Banque centrale européenne aurait refusé de fournir un soutien financier au plan.
La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Kaja Kallas, estime que la Belgique doit changer de position. Mme Kallas affirme qu'un « prêt de réparation » utilisant les fonds russes gelés est l'option la plus réaliste et renforcerait la position de l'Europe dans toute négociation. Cela enverrait également à Washington le signal que l’UE prend des mesures « très crédibles » pour aider à mettre fin à la guerre. Elle insiste sur le fait que le reste de l’UE est prêt à partager tout risque juridique avec la Belgique.
Pendant ce temps, le temps presse. L'envoyé américain Steve Witkoff est à Moscou mardi pour de nouveaux entretiens avec la Russie. Les responsables de l’UE craignent que l’Ukraine ne soit contrainte à faire des concessions. Dans cette optique, la Belgique fait face à une pression croissante à l’approche du sommet décisif de l’UE qui aura lieu le 19 décembre.