Revenons au 27 mars. Ce jour-là, le gouvernement fédéral s'est mis d'accord sur des règles plus strictes en matière de publicité pour l'alcool. Outre l'avertissement sanitaire obligatoire, il sera interdit de distribuer de l'alcool gratuit avec des magazines. En outre, les influenceurs et les médias ayant un large public jeune ne seront plus autorisés à faire de la publicité pour les boissons alcoolisées.
Cet accord signifie que le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke (socialiste flamand du Vooruit), a tenu une promesse qui était sur la table depuis un certain temps. Il souhaite éviter que les jeunes soient exposés très tôt au marketing de l'alcool, car des études montrent qu'une consommation précoce augmente le risque d'abus ultérieurs.
« Ces mesures limiteront l'exposition des mineurs au marketing de l'alcool », avait alors déclaré le ministre. «En même temps, nous fournissons aux adultes des informations précises grâce au nouveau message sur la santé.»
Les brasseurs belges font désormais une ultime tentative pour mettre un terme à cette mesure. L'avertissement sanitaire devra apparaître sur toute publicité pour les boissons alcoolisées mais ne sera pas obligatoire sur les étiquettes et les emballages.
Selon le PDG Krishan Maudgal, l'avertissement « stigmatise inutilement tout un secteur qui génère des investissements, des milliers d'emplois et de la cohésion sociale ». La lettre souligne que la culture belge de la bière a été reconnue par l'UNESCO et que la Belgique deviendrait désormais l'un des premiers pays à qualifier explicitement la bière de nocive.
« Nous soutenons la lutte contre l'abus d'alcool », souligne l'association. « Mais nous pouvons aussi mener ce combat sans mettre au pilori tout un secteur. »
Le secteur souhaite s'asseoir avec le gouvernement pour discuter de mesures alternatives. Les brasseurs soulignent leur soutien à des initiatives telles que les campagnes anti-alcoolisme du BOB et se présentent toujours, selon leurs propres termes, comme un « partenaire constructif ».
Néanmoins, le pouvoir de lobbying du secteur est sous surveillance. En octobre 2025, le quotidien De Tijd faisait état de la forte influence exercée par le lobby de l'alcool sur la politique de santé belge. Le lobby ferait systématiquement pression sur les ministres et leurs fonctionnaires et réussirait à édulcorer les mesures prévues.
Le Centre d'expertise flamand sur l'alcool et les autres drogues (VAD) avait alors appelé le gouvernement à ne plus retarder l'avertissement sanitaire : « La santé publique doit primer sur les marges bénéficiaires de l'industrie de l'alcool », a-t-il déclaré.