Selon la loi belge, les pilotes doivent travailler jusqu'à 66 ans, tandis que la réglementation européenne leur interdit d'effectuer des vols réguliers après 65 ans en raison de risques pour la santé.
« Cette combinaison est carrément absurde : les pilotes sont obligés de travailler, mais en même temps sont obligés d'arrêter leur activité principale à 65 ans. La législation est clairement imparfaite ici », affirment les syndicats dans une déclaration commune.
Actions revendicatives couvertes grâce à la notification
Suite à la notification d'aujourd'hui, les actions revendicatives sont couvertes à partir de lundi prochain. Les syndicats déclarent vouloir éviter d'agir mais soulignent que le mécontentement sur la question des retraites est « particulièrement élevé ». « Sans une intervention rapide et claire, cette situation risque de s'aggraver », préviennent-ils.
Le ministre des Retraites Jan Jambon a souligné précédemment que les pilotes ne seraient obligés de travailler au-delà de 65 ans que dans un petit nombre de cas. La plupart satisfont à l'exigence de 42 ans de carrière et peuvent prendre leur retraite plus tôt, affirme-t-il.
Pour ceux qui doivent continuer à travailler après 65 ans, des changements pourraient être introduits : ils pourraient par exemple mettre à profit leur expérience d'une manière différente, comme en travaillant comme instructeur. « Mais ce raisonnement déplace simplement la responsabilité complètement ailleurs et ne tient pas compte de la réalité sur le terrain », affirment les syndicats. Ils soulignent qu'un pilote a récemment été licencié à l'occasion de son 65ème anniversaire pour « force majeure ».
« Étant donné que cette situation est fondamentalement intenable, nous nous sentons obligés de lancer un préavis de grève pour l'industrie aéronautique belge. Nous n'agissons pas à la légère, mais nous le faisons pour donner au responsable de ce chaos – le ministre des Retraites – une dernière chance de trouver des solutions structurelles et équitables», déclarent-ils.
« Augmentation possible à 67 »
En réponse, le cabinet du ministre des Retraites Jan Jambon a déclaré qu'une réduction sélective de l'âge légal de la retraite n'était pas à l'ordre du jour. Le bureau comprend les préoccupations mais demande que l'on examine la situation dans son ensemble et que le débat soit mené au niveau approprié.
Le ministre Jambon explique qu'il s'agit d'un dossier spécifique contrôlé par les autorités européennes. Actuellement, les pilotes professionnels perdent leur licence pour effectuer des vols de passagers à l'âge de 65 ans, mais dans le même temps, de plus en plus d'experts soutiennent que cette limite ne devrait plus être strictement liée à l'âge mais plutôt basée sur des paramètres médicaux et cognitifs objectifs. Le ministre estime que les contrôles modernes et l'évaluation continue fournissent désormais une image beaucoup plus précise de la sécurité des vols qu'une limite d'âge arbitraire.
« C'est pourquoi j'examinerai comment et dans quelle mesure le gouvernement fédéral peut apporter son soutien pour mener ce débat au sein de l'Union européenne, en vue d'un éventuel relèvement à 67 ans. Parce qu'il est important de souligner qu'il s'agit d'une puissance européenne », déclare Jambon.
Une « nuance » est nécessaire, dit le ministre
Dans le même temps, le ministre appelle à la « nuance ». La règle s'applique uniquement aux pilotes effectuant des vols de passagers. Les pilotes peuvent toujours rester actifs, par exemple sur des vols cargo ou dans des rôles de formation, affirme-t-il.
Jambon tient par ailleurs à souligner que le relèvement de l'âge légal de la retraite a déjà été décidé par un précédent gouvernement belge et n'est pas une conséquence des réformes actuelles des retraites. Enfin, de nombreux pilotes pourront déjà bénéficier d'une retraite anticipée à 65 ans, a ajouté Jambon.