Bruxelles nomme un « Gold Commander » pour coordonner la lutte contre les violences liées à la drogue

Outre la nomination d'un « Commandant Or », la présence policière dans les quartiers les plus en difficulté de la capitale se renforce, notamment le soir et la nuit. Les détectives reçoivent également les ressources nécessaires pour enquêter sur les violences et démanteler les réseaux criminels.

« Les violences sont liées à des conflits entre réseaux criminels impliqués dans le trafic de drogue. Cela est inacceptable et appelle une réponse immédiate et visible sur le terrain », déclare le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close.

Commandement unifié

Divers services de police, tels que les unités K9 (équipes cynophiles), les unités spéciales et les unités d'intervention rapide, opéreront désormais sous la structure de commandement unifiée. «L'objectif est clair : mieux utiliser ces ressources, notamment le soir et la nuit», explique Close.

D'ici octobre, toutes les activités de dispatching pour les zones de police bruxelloises seront regroupées sous un même toit, celui de l'organisme régional de sécurité Safe.brussels. Par ailleurs, le service ARGOS, chargé de l'analyse des images de vidéosurveillance et de la reconnaissance des plaques d'immatriculation, sera également renforcé.

Des « Gold Commanders » ont déjà été déployés le soir du Nouvel An et à d'autres occasions. Bruxelles est généralement agitée ce soir-là, un commandement unifié est mis en place pour assurer le bon déroulement des festivités.

Michel Goovaerts, chef de la police de la zone de police de Bruxelles-Capitale-Ixelles, a assumé cette fonction lors des précédents réveillons du Nouvel An. Il le fera encore maintenant. Pour l'heure, il estime qu'il est encore trop tôt pour commenter, a-t-il déclaré à VRT NEWS.

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Quintin, a également annoncé des moyens supplémentaires pour lutter contre les violences liées à la drogue dans la capitale. Il déploie 50 policiers fédéraux supplémentaires et la Direction des unités spéciales (DSU) est également renforcée par des équipes spéciales de soutien policier. La police judiciaire fédérale de Bruxelles devrait également recevoir des renforts permanents.

Quintin a qualifié la situation d'« urgence nationale » et souhaite que la question soit inscrite à l'ordre du jour du Conseil national de sécurité.

« Le fait qu'un commissariat ait été la cible de tirs montre la gravité de la situation. Cette nouvelle dimension de violence, impliquant des armes de guerre de qualité militaire, nous oblige à déployer tous les moyens nécessaires. La lutte contre la criminalité organisée est une responsabilité partagée et doit être une priorité absolue », a déclaré le ministre.

« Pour garantir la sécurité de nos concitoyens, des efforts supplémentaires sont nécessaires. Si nous n'agissons pas ensemble et de manière décisive aujourd'hui, nous resterons à la traîne des événements. C'est pourquoi nous renforçons considérablement la présence fédérale sur le terrain, car si Anderlecht perd, Bruxelles perd. Et si Bruxelles perd, toute la Belgique perd. »

Déploiement du personnel militaire et enregistrement des scooters électriques

Par ailleurs, le ministre propose que les travaux se poursuivent au niveau fédéral sur un certain nombre de mesures concrètes. Il s’agit notamment de la création de plus de places dans les centres sécurisés pour les migrants sans papiers, de l’enregistrement obligatoire des scooters électriques, d’une capacité de détention suffisante, d’une approche ferme du séjour et du retour illégaux, de suffisamment de places dans les centres de détention sécurisés pour jeunes et de l’expansion du déploiement de personnel militaire.

Depuis avril de cette année, 45 militaires patrouillent aux côtés des policiers dans les stations de métro et de train de Bruxelles.

Mais Quintin estime que les autorités locales doivent également renforcer leur approche face au crime organisé. Il évoque par exemple des mesures administratives coercitives telles que l’interdiction de rassemblement ou d’entrée dans certaines zones.

De cette manière, les maires peuvent également prendre des mesures supplémentaires contre les entreprises malhonnêtes liées au crime organisé. Quintin appelle également les collectivités locales et régionales à mieux coordonner leurs efforts, avec une coordination directe entre les différentes opérations et services au niveau de la Région bruxelloise.

Enfin, selon le ministre, un centre de commandement permanent doit être mis en place pour permettre de surveiller 24 heures sur 24 les incidents liés à la violence liée à la drogue et au crime organisé et d'y réagir rapidement.