La Belgique est confrontée cette année à un énorme excédent de pommes de terre. Cela est dû en partie à la bonne récolte, mais aussi à la baisse de la demande de frites ou chips belges. À l’heure actuelle, de nombreux agriculteurs se retrouvent avec des hangars remplis de pommes de terre qui ne valent rien. La maire de Herstappe, Marlutje Jackers, se retrouve également avec un hangar plein.
« Il me reste encore 2.500 tonnes de pommes de terre frites », raconte Marlutje à la VRT. « C'est une montagne de pommes de terre mesurant 50 mètres sur 25 et 4 mètres de haut. C'est immense. Je n'ai jamais eu un surplus aussi énorme auparavant, et j'entends la même chose de la part de beaucoup de mes collègues. Nous savons déjà que cela ne nous coûtera que de l'argent pour vider notre entrepôt à temps pour la prochaine récolte. »
Une expérience ratée
Selon Marlutje, la cause profonde des excédents importants réside dans l’industrie qui transforme les pommes de terre en chips. « Il y a des années, ils ont demandé aux agriculteurs d'expérimenter de nouvelles variétés de pommes de terre en raison d'une pénurie de plants de pommes de terre. La qualité des chips fabriquées à partir de ces variétés était si décevante que la demande des consommateurs s'est effondrée. Et c'est ainsi que nous nous sommes retrouvés dans cette situation. »
« Ce sont désormais les agriculteurs qui en subissent les conséquences », déclare Marlutje. « Maintenant que nous avons une bonne récolte avec beaucoup de pommes de terre, personne n'en veut. Les exportations sont pratiquement arrêtées. J'ai la sonnette d'alarme, car je ne sais pas quoi en faire. Quoi qu'il arrive, cela me coûtera de l'argent pour vider mon hangar. »
Quelle est la solution ?
Les producteurs de pommes de terre disposent de plusieurs options pour écouler leurs stocks excédentaires. Ils pourraient apporter leurs pommes de terre à une usine de biogaz ou les transformer en aliments pour animaux, mais cela implique des frais de transport et les pommes de terre doivent être lavées et épimées. Toutes ces mesures sont coûteuses et, compte tenu des prix actuels du diesel, elles ne constituent pas une option viable.
« Nous n'aurons peut-être pas d'autre choix que de disperser à nouveau les pommes de terre dans nos champs », explique Marlutje.