L'évêque d'Anvers prépare une production d'opéra avec des religieuses lesbiennes sur des patins à roulettes

Plusieurs jeunes catholiques romains ont attiré l'attention de l'évêque d'Anvers Johan Bonny sur ce spectacle, qui a publié mercredi un article d'opinion dans le quotidien flamand De Standaard. Dans ce document, il qualifiait de « grotesque de piétiner le christianisme ».

S'exprimant sur la chaîne VRT, il a ajouté : « Des jeunes, qui ont de bonnes intentions, m'ont fait savoir qu'ils voulaient protester contre le spectacle. J'ai ensuite regardé les images que l'organisation utilise pour promouvoir le spectacle et j'ai décidé que leur protestation était justifiée ».

« Je n'ai rien contre les femmes nues qui flottent dans les airs. Ce qui m'importe, c'est l'identification à la vie religieuse. Les actrices portent toutes des voiles de nonne, ce qui montre bien que c'est une communauté religieuse qui offre le spectacle », explique Bonny.

« S'il y a un groupe qui peut rire, c'est bien les chrétiens et les catholiques. Quand il s'agit de nudité, allez à la cathédrale. Il y en a assez depuis l'époque de Rubens. Nous avons le sens de l'humour ; c'est une question de respect des gens. »

« Toutes ces religieuses âgées ne réagissent pas, elles ne peuvent plus sortir dans la rue, mais c'est trop facile de gagner de l'argent et de vendre un spectacle à leurs dépens. »

L'évêque d'Anvers manque de logique dans la protection des croyances religieuses : « Ici à Anvers, la communauté juive est envoyée par la police et l'armée pour combattre le moindre soupçon d'antisémitisme. Pour la communauté musulmane, une extrême vigilance est exercée pour garantir le déroulement pacifique du Ramadan. Et à juste titre, nous soutenons cela également. Mais la moquerie psychologique est aussi une forme de violence », conclut Bonny.

Ne tombons pas dans une chasse aux sorcières

Jan Vandenhouwe, directeur artistique de l'Opera Ballet Vlaanderen, réfute les propos de l'évêque. « Il ne faut pas non plus exagérer la situation. Nous avons reçu une dizaine de courriels, tous provenant de la même source : une association étudiante également active en Allemagne concernant cette production. Il s'agit d'un mouvement catholique ultra-conservateur qui a organisé une manifestation pro-vie devant notre immeuble il y a quelques mois. »

Il estime que l'Église catholique n'est pas délibérément ciblée dans le spectacle. « Le langage visuel de la foi catholique a façonné notre histoire de l'art occidental. Lorsque vous visitez des musées et des églises, vous voyez aussi ces images de Descente de Croix, de violence et de sang. Ce sont ces images avec lesquelles Holzinger (le chorégraphe autrichien) engage le dialogue. »

Vandenhouwe ne souhaite surtout pas que la société retombe dans « une sorte de chasse aux sorcières contre l’art critique ou féministe, ou qui aborde des thèmes difficiles ».

Et Mgr Bonny est toujours le bienvenu pour venir voir le spectacle, précise le directeur artistique. « Nous lui réserverons une place, j'aimerais beaucoup lui parler après. »

Bonny le remercie poliment : « Je ne serai pas présent par respect pour ma dignité. Mes pensées cette semaine vont à la souffrance et à la mort de Jésus-Christ, et à toutes les personnes qui vivent cela dans le monde aujourd'hui. »