« Un tiers des logements dans certaines rues de la Ville de Bruxelles sont des Airbnb »

Les biens annoncés sur la plateforme Airbnb, situés à proximité du restaurant Umamido dans le quartier Sint-Katelijne de la Ville de Bruxelles, ont reçu mardi la visite inattendue de l'échevine et de la police. Maes souhaitait que le bâtiment soit scellé après que les avertissements précédents soient restés lettre morte.

Les propriétaires bruxellois sont en effet autorisés à annoncer des propriétés sur la plateforme Airbnb, mais des règles doivent être respectées. « Je ne suis pas du tout contre Airbnb, mais ils doivent respecter la réglementation », déclare Maes. Selon l'échevine bruxelloise de l'urbanisme et des espaces publics, le bâtiment de la Sint-Katelijneplein est un exemple classique de ce qu'il ne faut pas faire.

Maximiser les revenus sur Airbnb

La propriétaire de l'immeuble avait demandé à ses quatre locataires de partir sous prétexte de rénover l'immeuble. La propriétaire a alors décidé de lister les appartements sur Airbnb afin de maximiser ses propres revenus. Un ancien locataire s'est vite rendu compte que son ancien appartement était occupé par des touristes. Il a porté plainte auprès du conseil municipal et l'échevine a ouvert une enquête.

Après plusieurs avertissements, la ville a prévu de sceller le bâtiment. Finalement, cela ne s’est pas produit car le propriétaire a retiré les annonces des sites de location. « Les propriétés doivent être conformes à leur destination. Si le bien immobilier en question est restitué sur le marché du logement, la violation des réglementations prendra fin», explique Maes. «Nous continuerons à surveiller le bâtiment de près.» Le propriétaire envisagerait désormais de vendre le bâtiment.

Dégoûtant et inhumain

Selon Maes, cette affaire illustre parfaitement pourquoi les autorités devraient intervenir. « Les vrais Bruxellois sont expulsés de leur logement pour maintenir un modèle de revenus. C'est dégoûtant et inhumain. Une étude de l'Université libre flamande de Bruxelles, la VUB, montre également que les Airbnb font grimper les loyers. Il s'agit d'un comportement antisocial auquel nous continuerons de nous opposer.

Maes souligne que les propriétaires Airbnb doivent être enregistrés à l'adresse de la propriété Airbnb. Ils sont autorisés à proposer la propriété à la location sur des sites de location tels que Airbnb, booking.com et autres pendant un maximum de 120 jours par an.

« Un tiers des propriétés »

La Ville de Bruxelles lutte contre la prolifération des logements Airbnb dans son périmètre. « Les recherches montrent que dans la région, 1 à 2 pour cent du parc immobilier est utilisé pour la location touristique. Mais si l'on zoome sur les communes de la Ville de Bruxelles, d'Ixelles et de Saint-Gilles, ce chiffre monte soudainement en flèche.'

C'est certainement le cas dans le centre-ville, « où parfois un tiers des logements dans certaines rues sont proposés comme appartements Airbnb ». «Nous avons déjà scellé des propriétés dans le passé et continuerons de le faire à l'avenir», conclut Maes.